
esquisse Block architectes
(AFP) - Inséparable de la ville de Nantes comme de son maire devenu Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le directeur artistique Jean Blaise lance vendredi sa dernière créature, "Le Voyage à Nantes", qui marie l'art contemporain avec les monuments du patrimoine historique.
"+Le Voyage à Nantes+ c'est découvrir une ville grâce à un parcours de 40 étapes qui sont des lieux de culture, des lieux de patrimoine, dans lesquels on va découvrir une exposition, une installation, un point de vue: c'est une ville renversée par l'art et la culture", explique Jean Blaise.
Le créateur des "Allumés", de "Fin de siècle" ou encore des "Nuits Blanches", a été chargé en 2010 de piloter ce minotaure par Jean-Marc Ayrault avec lequel depuis plus de vingt ans il fait de Nantes l'une des villes les plus en pointe en art contemporain.
Dix-huit mois plus tard, "Le Voyage" est une sorte d'exposition temporaire qui, du 15 juin au 19 août, mêlera, autant qu'il est possible de le faire, l'art contemporain le plus avant-gardiste avec les monuments du patrimoine les plus classiques, mais aussi la création culinaire, musicale, la réhabilitation des friches industrielles...
L'exposition "Un jour parfait", de l'artiste chinois Yan Pei-Ming, fait cohabiter ses propres autoportraits avec des Rubens et autres tableaux du baroque italien. "Sans cimaises et sans pantalon" expose dans plusieurs lieux inusités de la ville des chefs-d'oeuvre habituellement enfermés au Musée des Beaux-Arts de Nantes.
Une pyramide de terre plantée de courgettes a remplacé la sage pelouse du centre de la place Graslin tandis que la place Royale, méconnaissable, est occupée par une gigantesque butte verte et blanche en toile et bois, escaladable, censée représentée le Mont Gerbier de Joncs, source de la Loire, en petit (Mont Royal(e), Block Architectes).
Une grue Titan des anciens chantiers navals a pêché un kayak percé de deux pagaies en croix qui pend, étrange et tournoyant au bout d'un long filin (Kayak, Roman Signer). Un arbre lunaire, d'un blanc éclatant et lumineux la nuit (Lunar Tree, Mrzyk et Moriceau), a poussé à côté de la Butte Sainte-Anne, tout près du musée Jules-Verne.
Et dans l'estuaire de la Loire, de Nantes à Saint-Nazaire, neuf nouvelles oeuvres d'art contemporain ont été ajoutées à l'exposition "Estuaire".
Outre l'étrange maison à moitié engloutie au milieux des flots de la Loire (La maison dans la Loire, de Jean-Luc Courcoult, fondateur de Royal de Luxe), symbole de l'exposition car sa première édition en 2007 avait coulé - elle est cette fois bien arrimée, asssure-t-on -, le "Serpent d'océan" gigantesque de Huang Yong Ping, ou du moins son squelette, s'est échoué sur la plage de Mindin (Saint-Brévin), au bout du bout de l'estuaire.
Avec "Estuaire", "on voulait constituer une collection, en trois éditions, d'une vingtaine d'oeuvres (2007 - 2009 - 2012): on se balade dans notre musée dispersé, notre collection sur 60 km de long", explique Jean Blaise.
Enfin pour accompagner de son esprit déjanté cette inauguration, la compagnie Royal de Luxe, basée à Nantes, donnera vendredi la première représentation de sa nouvelle création, "Rue de la Chute", dans la cour du château des Ducs de Bretagne.
"Le Voyage" associe l'office du tourisme de Nantes, le château des Ducs de Bretagne, l'exposition d'art contemporain "Estuaire", ainsi que "Les Machines de l'Île" avec leur célèbre éléphant géant articulé.
Toutes les informations sur www.levoyageanantes.fr.


















