Notre plus intime conseiller

En nous révélant nos désirs et nos fatigues, nos émois et nos tensions, notre corps est la partie de nous qui communique le plus. Encore faut-il savoir l'écouter. C'est-à-dire s'écouter vraiment.

« J'ai eu un vertige et je suis tombée, verdict du médecin : surmenage ! Depuis quelques semaines, j'avais de petits vertiges tous les jours, raconte Pauline, 37 ans, mais comme je n'ai pas l'habitude de m'écouter, je n'ai pas ralenti la cadence, et j'ai eu tort, évidemment. »

Que l'on tienne compte de ses messages ou qu'on les néglige, notre corps nous parle, constamment, depuis le premier jour. De nos sensations physiques primaires (faim, soif, chaleur, froid, douleur...), en passant par toute la gamme des émotions (joie, tristesse, colère...), sans oublier les sentiments (amour, haine...), tout ce qui fait de nous des êtres vivants, « ressentants » et pensants passe par notre corps. Mieux encore, il est souvent le premier, bien avant notre mental, à sentir et exprimer ce qui nous attire, nous repousse, nous fait du bien ou nous maltraite : confiant et vibrant auprès de l'être désiré, crispé et fermé en présence de certaines personnes ou dans certaines situations, détendu et comblé lorsqu'une activité nous procure un bien-être profond, physique ou émotionnel.

A l'inverse de l'esprit, prompt à réécrire l'histoire, le corps, lui, ne ment pas. Si quelque chose dans notre vie n'est pas fluide ou cohérent, il est le premier à nous en avertir.

Il nous ancre au présent

Malgré la négligence, la dévalorisation et la répression dont il a fait l'objet pendant des siècles en Occident, il reste l'outil de connaissance le plus précieux que nous ayons à notre disposition.

« La conscience que nous avons de notre corps est nécessaire à notre certitude d'être vivant dans le temps présent et à la notion que nous nous faisons de nos servitudes par rapport au temps et à l'espace », écrivait Françoise Dolto(1). Et tous les messages qu'il nous envoie sont autant de preuves de notre existence et de notre ancrage dans l'« ici et maintenant ». « Depuis que je pratique la méditation zen, je sais faire la différence entre "être dans son corps" et vadrouiller autour de lui..., constate Loïc, 35 ans. Je suis beaucoup moins fatigué physiquement et mentalement qu'avant : maintenant, j'entends quand il me dit "Stop !" Je ne le traite plus comme une machine, parce que j'ai davantage conscience que corps et esprit ne font qu'un. »