Danièle Luc | |
L’orgasme est une mécanique fragile, et lente est la montée qui mène au feu d’artifice. Précoces ou tardives, six femmes nous confient leur envol : quand leur plaisir est devenu jouissance.
1. “J’étais seule dans un jacuzzi surplombant la mer”
Eléonore, agent immobilier, premier orgasme à 24 ans
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« Trois petits copains, avec lesquels j’avais adoré faire l’amour, confortait ma certitude d’être sexuellement épanouie. Encore que… Aucune femme n’a de référence, d’unité de mesure pour contrôler la normalité de son plaisir.
Un jour, en Californie, seule dans un jacuzzi surplombant la mer, j’ai collé mon sexe tout à fait par hasard sur le jet propulsant l’eau bouillonnante du bain. Le plaisir que j’ai ressenti m’a incitée à garder la position. Et là, le coucher du soleil a explosé dans mon corps. Un orgasme d’une force inouïe. Jamais je n’avais connu ce complet embrasement qui semble venir de loin, du fond de soi-même, qui soulève le corps et rayonne presque au-delà de lui. Une tension sourde contractant le bas-ventre, déclenchant une série de spasmes qui montent dans le corps, se diffusent en lui, avant que n’éclate dans la tête un véritable feu d’artifice. Sidérée, j’ai recommencé. Deux fois, trois fois, quatre fois… ça marchait à tous les coups. Génial ! Finalement, me suis-je dit, tout cela n’est qu’une histoire de crispation. Elle est moins évidente avec un homme, parce qu’on se confronte alors, dans le même temps, au rapport à autrui. On est moins libre. J’ai bien mis trois ou quatre ans avant de retrouver avec eux cette intensité. Et je suis restée une adepte du vibromasseur dans mes moments de solitude, en voyage ou quand j’ai du mal à m’endormir. »
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