Danièle Luc | |
L’orgasme est une mécanique fragile, et lente est la montée qui mène au feu d’artifice. Précoces ou tardives, six femmes nous confient leur envol : quand leur plaisir est devenu jouissance.
6. “C’est en riant que nous nous sommes dévêtus”
Dominique, chef de rayon, premier orgasme à 45 ans
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« C’est un des beaux cadeaux que m’a fait la vie. Tardif mais inespéré, six mois après mon divorce. Le sexe avec mon mari tenait à la fois de la tendresse et de la formalité. S’il espérait plus de moi, il ne me l’a jamais demandé. Quand cet homme de dix ans mon cadet m’a regardé comme un sapin de Noël, dans un dîner, je me suis sentie revivre. Il me donnait un avenir. Nous avons discuté toute la soirée. J’étais fascinée par son élocution, son humour. C’est en riant que nous sommes arrivés dans le studio qui jouxtait sa petite librairie. En riant que nous nous sommes dévêtus. C’était naturel, sans réserve ni mouvements de recul ou de gêne… Incroyable, cette aisance avec laquelle ses mains m’accaparaient. Il aimait “la” femme, toutes les femmes, c’était une évidence. Je n’avais jamais rencontré un être charnellement si libre et je suis rentrée dans son jeu. Non seulement j’ai joui pour la première fois, mais j’ai senti un liquide tiède couler abondamment de mon sexe. Il a eu l’air de trouver cela normal. “Tu es sensuelle, une femme fontaine”, m’a-t-il dit. »
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