Laurence Lemoine
mardi 12 mai 2009 09:49:22

Père-fille : le premier regard d’un homme

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L’une a peur des hommes, l’autre danse pour éveiller leur désir, une troisième se contente d’être la femme de l’ombre… Chacune, sur le divan, revient...

Père-fille : le premier regard d’un homme
L’une a peur des hommes, l’autre danse pour éveiller leur désir, une troisième se contente d’être la femme de l’ombre… Chacune, sur le divan, revient sur ses premières amours pour éclairer les suivantes. Derrière l’amant, cherchez le père. Dans Père-fille (Albin Michel), à travers des récits d’analyse, le psychanalyste Didier Lauru explore le lien père-fille et la manière, toujours complexe et singulière, dont il influence les choix de la jeune femme devenue adulte. Entretien.
La relation père-fille a-t-elle beaucoup changé ?
Didier Lauru : La réalité sociale a considérablement évolué. Les pères n’ont plus autant de pouvoir, ils partagent l’autorité parentale avec la mère, qui peut désormais transmettre son nom, et sont plus présents auprès des enfants. Mais dans le fantasme, il demeure le principal support de l’autorité. La grosse voix, les interdits, c’est lui.
Et les jeunes femmes que je reçois entretiennent l’idée qu’elles ont besoin de son approbation pour valider leurs choix, en particulier amoureux. Si elles se passent d’une autorisation formelle, elles ne veulent pas lui déplaire.
Dans votre livre, Père-fille, vous explorez le lien entre le regard du père sur sa fille et l’épanouissement de cette dernière.
Didier Lauru : J’ai effectivement été frappé par l’insistance avec laquelle les femmes, sur le divan, évoquent le regard de leur père, au sens propre du terme. Comme si ce regard, tour à tour teinté d’amour ou de déception, d’admiration ou de réprobation, était une espèce de baromètre de leur relation. Comme s’il existait également un lien entre la qualité de ce regard et les difficultés qu’elles rencontraient dans leur vie amoureuse ou leur sexualité. Ce que j’ai voulu montrer dans ce livre, à travers différents récits d’analyse, c’est comment le père, à la manière d’un sculpteur devant un bloc de pierre, anticipait la femme en devenir dans la petite fille et l’aidait à advenir. Son regard, plus ou moins valorisant, est ce qui l’autorisera à accomplir sa féminité ou, au contraire, l’en empêchera.
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