Halte au harcèlement en Egypte
Dur d'être une femme...

Crédit : extrait du film "Les femmes du bus 678" de Mohamed Diab.
Il y a quelques posts, je parlais avec enthousiasme du film "Les femmes du bus 678", un pavé dans la marre. Depuis quelques jours au Caire, j'ai malheureusement testé "être une femme en Egypte". Dur.
J'adore le Caire. C'est vivant, les gens sont sympas, il y a plein de petits endroits à découvrir, les souks à visiter, de jolies ruelles, des mosquées centenaires, du thé à boire à gogo. A part la chaleur, on s'y sent bien.
A part la chaleur... et le comportement des hommes.
En effet, une semaine ici m'a fait comprendre le calvaire des femmes égyptiennes. Le quotidien, mon quotidien en tout cas pendant mon séjour, a été :
-sourires vicieux presque chroniques
-phrases d'accroche pourries "Where do you come from?", "This is Tahrir Square", (merci, j'y loge), "You're beatiful"... intempestives
-regards dirigés exclusivement sur ma poitrine
-et même mains aux fesses dans la foule!
-remarques désobligeantes, enfin, sur mes "boobs"
Le premier jour, j'ai laissé passer.
Le deuxième, j'ai commencé à trouver les regards oppressants.
A partir du troisième, j'ai joué la provocation. "Tu veux toucher?" je lance maintenant aux types en tirant mon t-shirt.
En parlant fort, ça attire l'attention, et mes dragueurs de bas étage se recroquevillent comme des bernards-l'ermite dans leur carapace de honte.
Je ne jette pas uniquement la pierre aux hommes égyptiens, ça serait trop facile, mais à une société entière faite de frustrations et de non-dits sur le sexe, le corps, le rapport à l'autre. L'ambiance en devient étouffante.
Je ne vais pas changer les choses en un post, mais je voulais saluer le courage des égyptiennes, dont la vie entière est un combat au quotidien...
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je ne suis pas vraiment d'accord si vous me permettez, je vais vous dire en quoi.
Mon but n'est pas de vous contredire pour faire genre ou pour faire mon intéressant. L'idée est de prolonger la réflexion suite à votre coup de gueule.
Pourquoi appeler cet article "Halte au harcèlement en Egypte" ?
On pourrait dire "Halte au harcèlement" tout court, ce serait plus pertinent.
Ok, les Egyptiens harcèlent de manière directe mais nous harcelons en France de manière sournoise.
Quand ils vous sifflent ou regardent votre poitrine, nous usons de notre rang social et de nos possessions pour harceler.
Si je pousse votre logique;
Ce n'est pas vraiment que les Egyptiens harcèlent qui vous dérange...
Mais plutôt qu'ils n'aient pas les codes occidentaux du harcèlement.
Ho regardez les mal-élevés ! ils me sortent des phrases d'accroches pourries et ils me sourient avec insistance.
Alors qu'en occident le harcèlement est omniprésent et bien plus pressant (je fais l'économie de la démonstration)
Vous faites de l'ethnocentrisme.
Ensuite vous dites:
"Depuis quelques jours au Caire, j'ai malheureusement testé "être une femme en Egypte". Dur."
Là vous généralisez.
Il eût été plus juste d'écrire:
"j'ai malheureusement testé "être une touriste occidentale en Egypte"
Que les lecteurs ne s'y trompent pas !
On ne peut pas conclure qu'il est dur d'être une femme en Egypte en y passant quelques jours.
En plus du point de vue d'une touriste qui va naturellement attirer tous les regards du fait de son exotisme, du point de vue de l'autochtone.
Vous pensez qu'en France il est moins dur d'être une femme ?
Allez jeter un oeil au taux de suicide ou encore sur le nombre de femmes alcooliques dans notre cher pays.
Sans compter nos institutionnels politiques qui donnent le "la" avec leur histoire de pied et d’hôtel New Yorkais.
Balayons devant notre porte avant de mettre en exergue les Egyptiens.
J'ai le sentiment (je peux me tromper) que vous vous en prenez à une cible facile et en vous dédouanant en plus, en disant:
"Je ne jette pas uniquement la pierre aux hommes égyptiens, ça serait trop facile"
c'est pourtant ce que vous faites durant les 20 lignes précédentes.
Pour conclure, je pense que le harcèlement égyptien n'est que le mode basique ou sommaire du harcèlement. Alors qu'en France (et ailleurs) le concept de harcèlement a suivi une évolution bien plus menaçante au quotidien pour les femmes et cache derrière lui des questions bien plus graves et dangereuses pour le "bien vivre ensemble" auquel la plupart des être humains aspirent.
Bonne continuation
Syzla










