Hélène Mathieu | |
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Chacun connaît ses courbes et sa bouche diaboliques. Depuis plus d’un mois, les affiches du prochain film de Bertrand Blier recouvrent les murs du métro parisien. A chaque promo, elle minaude maladroitement à la télévision, consciente que le téléspectateur s’intéresse plus à son décolleté qu’à ce qu’elle raconte. Dommage.
Passées les quelques minutes où l’on se flaire, après les généralités d’usage sur ses prochains films, elle se lâche, à l’aise, nature. Avec une belle présence. Cette native d’Ombrie, que l’on pouvait croire frivole, parle d’une voix assurée un français parfait émaillé de quelques fautes d’accent tonique. Elle use même de l’argot lorsqu’elle s’enflamme contre les injustices faites aux femmes : "Une connerie totale !" C’est toujours charmant l’argot avec un accent. Non sans humour, elle avoue combien il est agréable d’être si belle, "mais ça va passer, il suffit d’attendre". On évoque sa vie privée, elle décrit le regard tendre qu’elle pose sur son mari depuis qu’il est père.
Puis elle regrette de s’être dévoilée, demande que l’on supprime ces quelques phrases, téléphone le lendemain pour insister, s’excuser, se justifier : la pression sur son couple est trop forte. On accepte, elle remercie d’une jolie phrase : "Vous m’avez respectée."
Et dans Combien tu m’aimes ?, de Bertrand Blier, vous jouez une prostituée. Le film est très chaud, très provocant…
Ce film est insolent et romantique à la fois, à l’image de Blier. J’ai tourné trois mois, et c’était assez bizarre de jouer le rôle d’une prostituée tout en allaitant son bébé.
La maman et la putain ! En même temps, c’était très intéressant parce qu’il y avait la magie du plateau et la réalité des couches, d’un bébé qui m’attendait, qui n’attendait que moi. C’était très sain. Je n’avais pas le temps de me prendre la tête.
La maman et la putain ! En même temps, c’était très intéressant parce qu’il y avait la magie du plateau et la réalité des couches, d’un bébé qui m’attendait, qui n’attendait que moi. C’était très sain. Je n’avais pas le temps de me prendre la tête.
On vous sent très à l’aise avec votre corps. C’est vrai ou c’est une impression de cinéma ?
Pour une actrice, le corps parle comme le visage. C’est un outil de travail. Pour donner de la force à un rôle, je peux utiliser mon corps comme un objet mis à ma disposition. D’ailleurs, dans Irréversible, je l’utilisais comme un objet absolu.
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