Valérie Péronnet | |
| mai 2009 | |
Louise a 33 ans. Médecin urgentiste, elle nous livre son témoignage « Au service des urgences de l’hôpital, nous recevons beaucoup de gens très angoissés,...
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Louise a 33 ans. Médecin urgentiste, elle nous livre son témoignage
« Au service des urgences de l’hôpital, nous recevons beaucoup de gens très angoissés, à qui il arrive des choses très angoissantes. Quelle que soit la gravité de leur situation, la gentillesse est sans conteste la meilleure manière de les accueillir. Même si on a mille autres choses à faire, même s’ils ne nous dérangent pas toujours à bon escient, même si on doit expliquer dix fois par jour que, pour une douleur dentaire, il faut aller chez le dentiste, et pas aux urgences… Il me serait impossible de gérer le stress et l’agressivité auxquels je suis sans cesse exposée sans adopter ce parti pris calme et souriant. La gentillesse est la réponse idéale, et même une compétence indispensable.
C’est la meilleure parade à l’exaspération, à l’inquiétude, à la violence. D’ailleurs, dès qu’on l’oublie, on en paie le prix : les gens s’énervent, perturbent l’ensemble du fonctionnement, et tout se désorganise. L’hiver dernier, je me suis même fait gifler par une patiente désagréable avec qui j’avais décidé d’être un peu dure. Finalement, j’aurais tout gagné à rester malgré tout aimable avec elle.Moi, je suis gentille et douce depuis toujours, c’est ma manière d’être. Parfois, il vaudrait sans doute mieux pour moi que je sache montrer les dents et me battre davantage, mais je ne sais pas faire… Le résultat est à la fois bon et mauvais : je suis une urgentiste souriante et compétente – tant mieux pour mes malades –, mais ma carrière n’évolue pas – tant pis pour moi.
« Au service des urgences de l’hôpital, nous recevons beaucoup de gens très angoissés, à qui il arrive des choses très angoissantes. Quelle que soit la gravité de leur situation, la gentillesse est sans conteste la meilleure manière de les accueillir. Même si on a mille autres choses à faire, même s’ils ne nous dérangent pas toujours à bon escient, même si on doit expliquer dix fois par jour que, pour une douleur dentaire, il faut aller chez le dentiste, et pas aux urgences… Il me serait impossible de gérer le stress et l’agressivité auxquels je suis sans cesse exposée sans adopter ce parti pris calme et souriant. La gentillesse est la réponse idéale, et même une compétence indispensable.
C’est la meilleure parade à l’exaspération, à l’inquiétude, à la violence. D’ailleurs, dès qu’on l’oublie, on en paie le prix : les gens s’énervent, perturbent l’ensemble du fonctionnement, et tout se désorganise. L’hiver dernier, je me suis même fait gifler par une patiente désagréable avec qui j’avais décidé d’être un peu dure. Finalement, j’aurais tout gagné à rester malgré tout aimable avec elle.Moi, je suis gentille et douce depuis toujours, c’est ma manière d’être. Parfois, il vaudrait sans doute mieux pour moi que je sache montrer les dents et me battre davantage, mais je ne sais pas faire… Le résultat est à la fois bon et mauvais : je suis une urgentiste souriante et compétente – tant mieux pour mes malades –, mais ma carrière n’évolue pas – tant pis pour moi.
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