Séverine, 38 ans
janvier 2009

Le diable ne s'habille pas qu'en Prada !

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Le diable ne s'habille pas qu'en Prada. Je vais vous en donner la preuve. Je fais équipe depuis dix ans avec une personne dont le...

Le diable ne s'habille pas qu'en Prada !
Le diable ne s'habille pas qu'en Prada. Je vais vous en donner la preuve. Je fais équipe depuis dix ans avec une personne dont le comportement n'a d'égal que celui du dresseur de tigre du cirque voisin : cris, coups de fouet verbaux, humiliations qui poussent à la réaction. Cette personne est en psychothérapie depuis que je la connais, tentant de réparer les dégâts profonds de l'inceste. Elle est dotée d'une aisance sans commune mesure pour la discussion, on la croit au premier abord hyper-sociable. Elle épate même l'assemblée par sa nature légère et volubile...
On lui pardonne donc sa première crise d'hystérie le jour où elle arrive au bureau de mauvaise humeur. Puis on se tait face à ses humiliations devant témoins pour des raisons souvent injustifiées. On fait semblant de ne pas entendre ses insinuations ironiques lancées au cours de la journée, ses ronchonnements agacés, ses pics lancés uniquement pour vous déstabiliser. Et pour finir, on accepte ses excuses quand elle se rend compte que le mal est fait.
Les jours passent, les mois et les années ! Et un jour, vous vous levez, vous criez, vous vous défendez. Vous vous révoltez. Vous lui ordonnez le respect. Les excuses pleuvent.... Elle se donne le droit d'avoir des colères non maîtrisées parce qu'elle a vécu des choses terribles. Et son psy lui a dit que la parole était la voie de la guérison. Que pour se guérir du passé, il faut s'exprimer, sortir les colères qui sont en elle. J'en appelle donc à la notion de service après vente des psychothérapeutes. Que doit-on faire d'un malade lâché en liberté, qui doit-on appeler en cas de crise ? Au bureau, nous sommes trente personnes, dont une hystérique. Trente personnes à redouter chaque matin l'arrivée d'un individu dont on ne sait pas à l'avance de quelle humeur il sera luné. Trente patients pour les prescripteurs de calmants...
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