Anne B. Walter | |
| novembre 2007 | |
Certains matins, impossible de choisir, rien ne va. D'où vient ce malaise typiquement féminin ? Enquête et témoignages au coeur de nos placards.
Comment je m'habille aujourd'hui ?
Certains matins, impossible de choisir, rien ne va. D'où vient ce malaise typiquement féminin ? Enquête et témoignages au coeur de nos placards.
Que se passe-t-il ce matin ? J'enfile ma jupe parme et mon tee-shirt gris dans lesquels je me sentais si bien l'autre jour : ça ne va pas. Le pantalon noir et la chemise blanche qui me mettent toujours en valeur ? Ça ne marche pas non plus. Ce n'est pas que je me trouve moche, c'est juste l'impression qu'aujourd'hui, rien ne me va. Je sens bien que ni le jean, ni la jupe rouge ne me sortiront de mon marasme.
Pour Catherine Joubert, psychiatre, qui s'est longuement penchée sur la question, « il y a des jours où l'on a envie de changer de peau, où l'on est fatigué d'être soi. Or, nos vêtements sont les porte-parole de notre identité ». Et pour peu que celle-ci nous ennuie soudain ou soit devenue incertaine, troublée par des émotions, il nous faut trouver d'autres formes, d'autres couleurs qui diront mieux qui nous sommes. « Le vêtement nous raconte dans une langue cryptée, jamais aussi lisible qu'il y paraît », nuance la psychiatre.
Car ce malaise matinal remonte aux origines de notre histoire. « La manière dont un petit enfant aura été touché, caressé par ses parents, est primordiale pour que se développe sa capacité à investir et à aimer son corps, rappelle Anne-Marie Filliozat (1), psychanalyste et psychosomaticienne. Ce n'est pas tant la quantité des caresses qui compte, mais la qualité de la tendresse. »
Car ce malaise matinal remonte aux origines de notre histoire. « La manière dont un petit enfant aura été touché, caressé par ses parents, est primordiale pour que se développe sa capacité à investir et à aimer son corps, rappelle Anne-Marie Filliozat (1), psychanalyste et psychosomaticienne. Ce n'est pas tant la quantité des caresses qui compte, mais la qualité de la tendresse. »
Puis la façon dont l'enfant a été regardé. Comment la mère perçoit-elle le corps de sa petite fille ? La trouve-t-elle jolie ? Prend-elle plaisir à la vêtir ? « Le regard du père est également essentiel à l'éveil de la féminité, ajoute la thérapeute. Il lui fait sentir que c'est en tant que petite fille qu'il l'aime. Et le vêtement est un des vecteurs privilégiés de ce message. » Avec le temps naîtront nos couleurs, nos formes, nos matières et nos goûts préférés,
qui feront dire à nos proches : « Ce manteau, c'est exactement toi. »
qui feront dire à nos proches : « Ce manteau, c'est exactement toi. »
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