
Jupiter
Victimes d’un viol, du racisme ou d’une maladie, ils ont été invités sur le plateau de Ça se discute, de Jean-Luc Delarue. Pourquoi ont-ils accepté de se dévoiler à la télé ?
Souvenez-vous de Ca se discute ; le grand rendez-vous télévisuel hebdomaire, qui, durant une quinzaine d'années, a rassemblé des millions de spectateurs chaque mercredi soir sur France 2. Vous vous êtes sûrement demandé ce qui pouvait bien pousser des gens " ordinaires " à dévoiler leur vie intime sur le plateau de Jean-Luc Delarue.
Nous leur avons posé la question. Deux réponses ont fait l’unanimité : le désir de prouver que leur histoire pouvait être celle de tout le monde, et le besoin de faire passer un message à des amis, des parents, des collègues. " La télévision, en permettant à quelqu’un de prendre le monde à témoin, authentifie une réalité, amplifie sa crédibilité (“La télé m’a invité, c’est donc vrai”), et se présente, apparemment, comme l’ultime moyen de communication quand tous les autres ont été épuisés ", commente le sociologue Alain Ehrenberg (In L’Individu incertain, Hachette littératures).
Faire face à un tel public, c’est l’opportunité de se montrer tels que l’on est, de mettre bas les masques. " C’est aussi un moyen de se valoriser, de lutter contre l’anéantissement, en se sentant exister face à la caméra, de vaincre sa timidité, de régler un différend ", précise Violène-Patricia Galbert, psychothérapeute.
Les témoins de Ça se discute nous touchaient parce qu’ils nous ressemblaient. Délinquants, transsexuels, toxicomanes, peu importe. " De simples différences à gérer ", note Ehrenberg. Les sept personnes que nous avons interviewées le confirment : oui, l’expérience a été positive.
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