Prostitution : lutter contre les vieilles croyances

Jupiter

En annonçant, en juin, que l’un de ses objectifs était d’abolir la prostitution, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a rouvert un débat vieux comme le plus vieux métier du monde.

L’intention de la ministre est bonne et courageuse : faire disparaître de notre société un recours à la plus sombre des misères, à la plus violente des exploitations, celle du corps humain. Évacuons du débat la prostitution « volontaire », celle d’hommes et de femmes qui ont choisi d’user de leur corps comme d’un bien qu’ils se donnent le droit d’utiliser à leur gré. Ceux-là revendiquent une liberté qu’il n’est pas question de remettre en cause, même s’il serait intéressant de se pencher sur l’histoire personnelle qui les a conduits à faire commerce de leur intimité. Mais parlons de l’immense majorité de ceux qui n’ont pas choisi. Qui ne trouvent pas d’autre voie pour survivre. Soit pour des raisons économiques, soit pour des raisons de soumission à la violence de véritables mafi as du sexe. Ceux-là sont victimes, au premier chef, d’une croyance largement répandue : la sexualité masculine serait irrépressible et, donc, il serait légitime que tout s’organise pour la satisfaire.

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