Soyez gentil ça fait du bien

Soyez gentil ça fait du bien

Aldous H. Huxley, écrivain visionnaire et « pionnier » du développement personnel, à qui l'on demandait : « Quelle est la technique la plus efficace pour améliorer son existence ? », répondait : « Essayer de se montrer un peu plus gentil. » Il avait raison. Pour preuve, ce petit tour d'horizon des bénéfices de la bienveillance.

Bien gentil, trop gentil... La gentillesse a mauvaise presse. Elle est tour à tour perçue comme une niaiserie ou une hypocrisie. Voire comme une névrose. Mais à trop nous en méfier, ne passons-nous pas à côté de nous-même ? Et à côté des autres ?

Dans Cessez d'être gentil, soyez vrai !(aux Editions de l'Homme, 2001), le psychothérapeute Thomas d'Ansembourg ne nous propose pas d'en finir avec la gentillesse, mais de comprendre ce qu'elle est réellement. Selon lui, il est « tragique » de croire que prendre soin des autres oblige à se couper de soi. Une vision en noir et blanc qui mène à deux dérives : « Je n'en fais jamais assez pour les autres » ou « Je ne donne rien pour ne pas me sacrifier. » Or la vraie bienveillance, celle qui nourrit et équilibre, procède d'un double mouvement : envers autrui et envers soi-même.

Selon le philosophe Fabrice Midal, « la nature du coeur humain est une bonté primordiale, qui reconnaît la fragilité et l'unicité de chaque être humain, y compris la sienne ». Et les progrès de la science lui donnent raison. Aujourd'hui, les spécialistes de l'évolution affirment qu'entraide et solidarité sont au coeur de notre identité, car elles ont permis à l'humanité de survivre. La loi de la jungle est loin d'être cette lutte féroce au sein des espèces – des comportements solidaires chez les dauphins, les grands singes et les corbeaux ont ainsi été observés.

L'homme n'est donc pas un loup pour l'homme, contrairement à ce que nos vies stressées et nos relations tendues nous font penser.

En réalité, comme d'autres animaux sociaux, nous sommes génétiquement dotés d'empathie. Dans L'Art de la gentillesse, le philosophe et psychothérapeute Piero Ferrucci explique que les pleurs d'un nouveau-né déclenchent ceux de ses voisins de maternité. Non parce que le bruit les dérange – d'autres stimulations sonores de même volume les laissent indifférents –, mais parce qu'ils s'émeuvent et lancent l'alerte générale ! Une fois adultes, nous oublions parfois de pleurer avec les autres... Retrouver cette bienveillance naturelle qui sommeille en nous est un exercice pas toujours évident, mais qui nous rend gagnants.