Rentrée: mon guide antistress
Agnès Rogelet

Sport : aujourd’hui je me lance !

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“C’est décidé, ce mois-ci, je m’y mets !” : exercices de gym à la maison, piscine, club de sport, footing tous les dimanches… Hélas ! En matière d’efforts physiques, les résolutions, même sincères, se soldent souvent par l’abandon. Et si le bon déclic, c’était d’abord changer son regard sur soi ?
Pas le temps, « Trop fatiguée », « Pas le courage », « C’est trop loin de chez moi »… Les excuses justifiant notre manque d’entrain pour entamer ou reprendre une activité physique ont des allures de rengaine. Puis, un jour, on reconnaît secrètement que ces raisons ne sont pas si valables, alors on prend son élan, on se motive ou, plutôt…, on se fait violence.
 
« La plupart des adultes, lorsqu’ils se confrontent à un sport, gardent l’idée de compétition et de dépassement inculquée durant leur jeunesse, observe Michel Roy (auteur de “La Gymnastique invisible. Etre bien dans son corps en 90 exercices”, Amphora, 1999), professeur d’activité physique. Ils finissent par s’écœurer, ajoutant de la fatigue morale à la fatigue physique. C’est pourquoi, plutôt que de sport, je préfère parler d’activité corporelle. » 
Des complexes à l’école
L’époque où le sport était récompensé par des bonnes et mauvaises notes comme n’importe quelle matière du programme scolaire s’est cristallisée en nous. Et ces heures "d’éducation" physique et sportive laissent chez certains des traces indélébiles, susceptibles de bloquer toute initiative à l’âge adulte. « Ces cours étaient atroces, raconte ainsi Blanche, 26 ans. J’en prenais plein la figure. Maintenant, ça irait peut-être mieux, mais j’ai tellement de mauvais souvenirs… » Les malhabiles, les ronds, les trop raides y ont cultivé des complexes. Comme Michael, 24 ans, qui aujourd’hui s’y met à reculons : « Dès que je commence un sport, je me sens observé. J’ai peur que l’on se moque de moi ou que l’on me dévalorise. »
 
Selon les psychologues spécialistes du sport, à vouloir à tout prix éviter l’échec au lieu de s’attacher à l’accomplissement de ses gestes, on se concentre sur la honte, sur la crainte de ne pas réussir un mouvement, de perdre un match. On attribue tout mauvais résultat à des facteurs internes, tel son manque d’aptitude ou d’efforts. Quant à ses succès, on se dit qu’ils reviennent à la chance, à la facilité (et pourquoi pas à son adversaire ?), bref que l’on y est pour rien ! Savoir apprécier ses victoires avec fierté personnelle sans se soucier des autres se révèle au contraire bien plus encourageant et forge un moral de gagnant ! 

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