Matthieu Sustrac | |
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Pascale Dominici. La grande sœur de Christophe est morte dans un accident de la route quand il avait 14 ans. La culpabilité que ressent alors l’adolescent est si forte qu’il "fait beaucoup de bêtises il plonge dans la délinquance, les bagarres". Il est sauvé par un "don", son don pour le rugby. Le jeu et le "simple fait d’accepter des règles imposées, des codes bien identifiés, des limites" le font grandir. Sa mère le pousse et peu à peu ce sport "permet de ramener un peu de bonheur" à la maison. Christophe ne sait pas pourquoi il joue. Pour lui, "pour sa mère, pour son père, pour sa sœur…"
"Sans les autres, on est rien", dans le rugby. Lui, il trouve une famille. Il est fasciné par ce sport qui lui donne "une occasion unique de se surpasser et de canaliser ses tensions". Sanguin sur le terrain, il est macho dans la vie. Sa femme Ingrid, rencontrée quand il avait 18 ans et elle 14, en souffre terriblement. Cela provoquera l’explosion de son couple. "Je n’ai pas été toujours très facile à vivre. Elle souhaitait autre chose de la vie", assume-t-il aujourd’hui.
De Solliès-Pont à Paris en passant par Toulon, Christophe Dominici est devenu membre de l’équipe de France. Son essai contre les All Blacks en demi-finale de la Coupe du monde 99 et sa participation au calendrier des Dieux du stade font de lui le chouchou des médias. Le joueur atypique est une star. Mais l’homme est en lambeau. Christophe Dominici "n’accepte ni le décès de sa sœur, ni le départ de sa femme". Il ne dort plus, continue de jouer, tient 24 jours d’affilée à ce rythme et finit par craquer. "J’ai beau jouer au rugby, j’ai beau être excessif, courageux, fier, j’ai craqué. Je ne suis qu'un homme après tout."



