
Se sentir tranquille, libre de son désir et de ses pulsions, en phase avec son corps… Pas forcément facile, mais évidemment possible, et à tout âge. Une affaire de ressenti, de liberté intérieure et de regard positif posé sur soi.
Ceux qui en sont pourvus ont du mal à comprendre ce que « confiance sexuelle » signifie. Comme pour l’estime de soi, c’est quand elle fait défaut que l’on mesure à quel point son absence peut être source de souffrance. « La confiance sexuelle se traduit avant tout par le fait d’oser rencontrer l’autre, d’oser entrer en contact intime sans peur, explique André Diwine, gestalt-thérapeute. Mais pour que la partition puisse être jouée à deux, encore faut-il que chacun ait suffisamment confiance en soi pour entrer dans le jeu de la relation. »
Avoir confiance en soi, cela veut dire, en matière de sexualité, avoir confiance dans son corps, dans l’image qu’il renvoie, dans sa capacité à donner et à recevoir du plaisir. S’il n’est nul besoin d’avoir un corps parfait pour s’aimer, ne pas aimer son corps crée un conflit interne qui, au fil du temps, peut gripper la fragile mécanique du désir et du plaisir. Un obstacle plus difficile à surmonter pour les femmes. « Même si cela peut sembler caricatural ou réducteur, la confiance sexuelle féminine repose sur deux piliers, avance Mireille Bonierbale, médecin sexologue. Le premier est la certitude de se sentir désirable, le second, l’assurance d’être aimée. Si l’on se sent trop en décalage avec la norme esthétique du moment – jeunesse, minceur, fermeté – ou avec l’image de celle que l’on était, ou si l’on traverse une période de vie difficile, le regard que l’on pose sur soi est plus critique, voire impitoyable. »
Les hommes, eux, puisent en général leur assurance dans les performances de leur sexe. « Ils sont plus centrés sur le fonctionnement, la puissance érectile, la taille de leur pénis, que sur l’effet qu’ils font à leur partenaire », constate Mireille Bonierbale. Simon, 37 ans, a du mal à oublier le « compliment » que lui a fait une femme il y a quelques années : « Tu es un superamant parce que tu n’es pas un étalon. » « Sur le moment, ça m’a rendu heureux, et puis cette phrase est devenue une obsession. J’ai fait des choses ridicules : mesurer mon sexe, chercher des informations sur Internet sur la taille des pénis, j’ai même failli consulter un urologue ! A présent, j’ai décidé de ne retenir que la première partie de la phrase, mais je suis plus anxieux qu’avant lors d’une nouvelle rencontre amoureuse. »
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