Par Laurence Benaïm | |
| jeudi 1 mars 2007 12:19:30 | |
Entre les brèves rencontres et les mariages de raison, le style, le vrai, est celui qui évolue avec la vie, au gré de nos humeurs et de nos amours. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre…
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Il me disait qu’il m’aimait en jupe, ultraféminine. Je me sentais déguisée…
Nathalie, 30 ans, a vécu la fin d’une histoire d’amour avec cet amant plus âgé comme une libération. « Sortir en baskets, ne plus me sentir contrainte par des gestes, des regards, j’avais soudain l’impression de respirer. » Pour elle, comme pour d’autres, cette rupture aura été initiatique, au sens où elle a déniché, à l’intérieur d’elle-même, les raisons de ne plus chercher à se fuir. « J’ai toujours tenté de m’imposer contre. Contre mes parents, contre les hommes qui me renvoyaient une image faussée de moi-même. Trouver son style, c’est d’abord se reconnaître, sans masque et sans concession, en finir avec la peur des regards, des jugements qui vous paralysent. »
Pour Isabelle, 35 ans, au contraire, le style personnel est l’antithèse de la solitude. Il naît dans la complicité avec l’autre. « J’avais une image un peu floue de moi-même. Je flottais dans mes grands pulls d’étudiante. C’est lui, et lui seul, qui m’a permis de me révéler, de savoir que rien n’est plus doux que de se sentir belle dans son regard », dit-elle à propos de l’homme de sa vie. La rencontre amoureuse lui a permis de perdre deux tailles. « Je me suis sentie mieux. J’ai eu l’impression qu’il me redessinait, qu’il me “resilhouettait”. »
Nathalie, 30 ans, a vécu la fin d’une histoire d’amour avec cet amant plus âgé comme une libération. « Sortir en baskets, ne plus me sentir contrainte par des gestes, des regards, j’avais soudain l’impression de respirer. » Pour elle, comme pour d’autres, cette rupture aura été initiatique, au sens où elle a déniché, à l’intérieur d’elle-même, les raisons de ne plus chercher à se fuir. « J’ai toujours tenté de m’imposer contre. Contre mes parents, contre les hommes qui me renvoyaient une image faussée de moi-même. Trouver son style, c’est d’abord se reconnaître, sans masque et sans concession, en finir avec la peur des regards, des jugements qui vous paralysent. »
Pour Isabelle, 35 ans, au contraire, le style personnel est l’antithèse de la solitude. Il naît dans la complicité avec l’autre. « J’avais une image un peu floue de moi-même. Je flottais dans mes grands pulls d’étudiante. C’est lui, et lui seul, qui m’a permis de me révéler, de savoir que rien n’est plus doux que de se sentir belle dans son regard », dit-elle à propos de l’homme de sa vie. La rencontre amoureuse lui a permis de perdre deux tailles. « Je me suis sentie mieux. J’ai eu l’impression qu’il me redessinait, qu’il me “resilhouettait”. »
La prison du goût
Caroline, 25 ans, qui vit seule, ne partage pas cette opinion : « Non à la “siamoiserie” affective ! Je revendique le fait d’être comme une page blanche devant la mode. A chaque saison, je me laisse bercer, emporter. En jupe brodée un jour, en pantalon de cuir et talons effilés un autre. L’uniformité est pour moi un arrêt de mort, un exil volontaire », assure cette adepte des colorations capillaires. Son style, elle l’a trouvé dans une succession de coups de cœur, de hasards contrôlés qu’elle soumet à l’épreuve de ses caprices. Une manière de défier l’ennui ?
Rien n’est plus douloureux que la présence d’une femme habillée, maquillée, figée dans l’allure qu’elle avait lors de sa dernière rencontre amoureuse. Des cheveux trop longs après 60 ans, des yeux trop faits, des jupes trop courtes. Question de pudeur, affaire de sens… En rencontrant par hasard une amie que je n’avais pas vue depuis quinze ans, toujours fidèle à son imper raglan, j’ai eu l’impression soudaine que le monde rétrécissait autour d’elle. Son visage poupin avait pris quelques rides, mais personne ne l’avait aidée à se couper les cheveux qu’elle continuait à attacher, comme au lycée. A l’étroit dans sa vie bleu marine et vert bouteille, elle semblait être passée à côté d’elle-même, de tout. Comme cette blonde engoncée dans son jean trop moulant, incapable de renoncer à sa boulimie de fringues et à ses balayages répétés, ou cette rousse aux bracelets un peu trop bruyants et qui s’obstine à penser que le noir est "indémodablement" classique.
Trouver son style impose une discipline quotidienne : surveiller son corps qui aurait tendance à vouloir se calfeutrer dans un cocon, garder l’œil ouvert sur le monde qui change, sans pourtant se laisser aller à tout lui sacrifier.
Rien n’est plus douloureux que la présence d’une femme habillée, maquillée, figée dans l’allure qu’elle avait lors de sa dernière rencontre amoureuse. Des cheveux trop longs après 60 ans, des yeux trop faits, des jupes trop courtes. Question de pudeur, affaire de sens… En rencontrant par hasard une amie que je n’avais pas vue depuis quinze ans, toujours fidèle à son imper raglan, j’ai eu l’impression soudaine que le monde rétrécissait autour d’elle. Son visage poupin avait pris quelques rides, mais personne ne l’avait aidée à se couper les cheveux qu’elle continuait à attacher, comme au lycée. A l’étroit dans sa vie bleu marine et vert bouteille, elle semblait être passée à côté d’elle-même, de tout. Comme cette blonde engoncée dans son jean trop moulant, incapable de renoncer à sa boulimie de fringues et à ses balayages répétés, ou cette rousse aux bracelets un peu trop bruyants et qui s’obstine à penser que le noir est "indémodablement" classique.
Trouver son style impose une discipline quotidienne : surveiller son corps qui aurait tendance à vouloir se calfeutrer dans un cocon, garder l’œil ouvert sur le monde qui change, sans pourtant se laisser aller à tout lui sacrifier.
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